le monde de Kota

Un nom de groupe pareil, c’est une sorte de serment.

D’une part l’espoir d’un monde nouveau, de sonorités inédites ou d’atmosphères inattendues, mais aussi une formation égalitaire, collective, unie et où le travail d’ensemble importe bien davantage que l’expression individuelle.

Citizen Jazz

Un quartet de jazz "qui laisse rêveur"...

"Lignes verticales, sifflements ondulatoires, musique des silences et des mélodies heureuses comme la mer. Les grognements et les rêves doux résonnent très fort par ici. Les distances entre le coeur et l'oreille se raccourcissent sévèrement en même temps que nos horizons s'ouvrent. L'instrumentation de cet ensemble formé au CNSMDP il y a bientôt 15 ans, laisse rêveur : contrebasse, harmonica, trombone, guitare. Le chant, bien sûr, est toujours présent. Les hurlements s'ils surgissent, sont eux proprement ludiques, les bruits souvent essentiels : chaque son livré ouvre un chemin ample et léger comme un trésor."

Jean Guillaume Flon

 

 

"Le Monde de Kota c’est quatre musiciens : Olivier Goulet (harmonica et voix), Stéphane Montigny (trombone), Julien Omé (guitare) et Guido Zorn (contrebasse). Ils se sont rencontrés en 2003 dans la classe de jazz du CNSM dirigée par le contrebassiste Riccardo Del Fra. Un soir ils dînent ensemble, sortent leurs instruments et jouent. (...) Conscients qu’ils  ont tous les  quatre la  même démarche,  ils  décident  de continuer. Les choses  vont alors  très  vite : premier concert à Paris en novembre 2003, puis au Centre Georges Pompidou et à la Cité de la Musique en première partie de Mac Coy Tyner (...), premier prix du Jazz Hoeilaart Intern’l Contest en Belgique pays de Toot Thielmans.

« Murmures »,  entièrement  autoproduit,  est  leur  premier  disque ;  il  ne  comporte  que  des  compositions originales,  sans doute une volonté des quatre musiciens de créer un « monde » qui soit le leur.  Et il  faut reconnaître que c’est réussi. (...)"

Michel Grillot-Dernière Nouvelles du Jazz

 

Le Monde de Kota

 

Murmures

 

Olivier Goulet (hca), Stéphane Montigny (tb), Julien Omé (g), Guido Zorn (b)

 

Label / Distribution : RADAR / Egea

 

Un nom de groupe pareil, c’est une sorte de serment. D’une part l’espoir d’un monde nouveau, de sonorités inédites ou d’atmosphères inattendues, mais aussi une formation égalitaire, collective, unie et où le travail d’ensemble importe bien davantage que l’expression individuelle. Les instruments renforcent cette impression : harmonica, trombone, guitare, contrebasse. Cette surprenante combinaison, outre le fait que le disque ne contient que des compositions originales, renforcent l’avant-goût prometteur de Murmures.

A l’écoute, aucune déception : un gros travail sur la texture, le grain du son, apparaît rapidement. Les instruments explorent tous les registres, intervertissent les rôles : l’harmonica peut soutenir un morceau à l’aide d’un ostinato suraigu, la guitare peut créer des nappes qui donneraient presque l’illusion d’une discrète section de cordes, la contrebasse peut être percussive et faire oublier l’absence de batterie dans ce quartet hors du commun. L’aspect collectif se confirme : pas de leader, les chorus et les rôles rythmique ou mélodique passent d’un musicien à l’autre.

Le groupe pourrait s’écouter malaxer la matière sonore, se complaire dans la quête aveugle du timbre idéal, mais Le Monde de Kota ne tombe pas dans ce piège. Au contraire, tout le travail sonore sert le discours de l’ensemble : les thèmes sont parfois exposés à l’unisson par deux musiciens, fusion parfaite donnant ainsi naissance à un son totalement nouveau semblant provenir d’un instrument imaginaire. L’écriture est riche et les structures complexes, passant d’une ambiance à l’autre, enchaînant ruptures rythmiques, improvisations débridées et joyeuses, dialogues et questions réponses. Il y a du Zappa dans un morceau comme « L’Ascension d’un nuage de bonheur », qui fourmille, grouille, s’arrête puis repart, joue avec l’auditeur… Pour un premier disque, la clarté du propos est étonnante de maturité.

Ne manquez pas ce disque : il n’est pas si fréquent de connaître l’excitation de la découverte d’un nouveau monde…